L'histoire du Concorde

19/09/2024

Photo du site Planespotters.net, photo prise par Wolfang Kaiser du Concorde F-BVFB

Concorde, connu de tous comme le premier avion supersonique du monde, à la pointe de la technologie de son époque, même à son arrêt, il instituera des technologies aujourd'hui standard sur les avions de ligne, dont même la stratégie « Airbus ».

Au cours de l'année 1947, le domaine aéronautique subit un renouveau grâce au premier vol supersonique de l'histoire. À partir de ce moment, les constructeurs aéronautiques cherchent à introduire cette technologie au monde civil, Sud Aviation commencera alors à développer dans les années 50 un avion supersonique de transport de passager, baptisé à cette époque « Super Caravelle ». La maquette de ce projet sera dévoilée au salon aéronautique du Bourget 1961.

Le concurrent britannique, British Aircraft Corporation, avait également commencé le développement d'un avion possédant des caractéristiques similaires à la Super Caravelle, le Bristol 223

Les gouvernements français et anglais décidèrent donc de fusionner les deux projets. Les deux entreprises seront alors appelées à collaborer afin de partager les coûts de développement.

L'accord sera signé en 1962 et promet aux deux pays une égalité dans le développement et la construction du programme, baptisé à ce moment « Concord » ou « Concorde ».

Lors du développement, le gouvernement britannique se retirera du programme malgré le mécontentement du peuple anglais.

Lorsque le gouvernement anglais se plie à la volonté du peuple, le premier ministre britannique mettra la fin au débat « Concord » ou « Concorde » en disant que « le E est symbole d'Excellence, England, Europe et Entente. »

L'aérodynamique de l'avion sera testée avec des maquettes dans les souffleries de l'ONERA, grâce à leurs souffleries supersoniques. C'est comme ça que sera choisie la forme des ailes dite « Gothique », qui est une dérivation des ailes « Delta », car leur bord d'attaque est légèrement incurvé, afin d'améliorer le comportement en vol à basse vitesse comme lors de l'approche et de l'atterrissage.

Le premier prototype sera fabriqué à Toulouse, sous la supervision d'André Turcat, qui sera plus tard chef des essais en vol de Concorde, il sera également à l'origine du « trou » dans les manches de pilotage, afin de mieux apercevoir les instruments de vol.

Durant l'année 1967, les moteurs seront testés sur la plateforme de test, constituée d'une dalle bétonnée et de deux murs, pouvant être déplacés latéralement afin que les trous servant à l'insonorisation des moteurs soient placés exactement devant les échappements des moteurs.

Derrière ces murs, se situait une tour de 22 mètres de hauteur dans laquelle le son était transféré par un tunnel souterrain de 50 mètres.

Le 29 mai 1969, l'appareil est présenté au grand public dans son hangar de Toulouse.

Après la présentation au public et les essais au sol, l'appareil 001, définitivement immatriculé F-WTSS (pour Transport SuperSonique), est transféré au département des essais en vol, qui seront dirigés par André Turcat, également pilote d'essai.

Une piste sera créée à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, là où a été fabriqué le prototype 001, cette piste est appelée 32L, et surnommée « Piste Concorde ».

Un filet sera également installé au bout de la piste en cas de panne d'un des systèmes de freinage (Freins, aérofreins, et parachute, le 001 n'ayant pas encore d'inverseurs de poussée opérationnels, rendus fonctionnels plus tard après avoir retiré le parachute), heureusement, ce système n'aura jamais été utilisé.

Le 31 février 1969, le premier vol était prévu mais sera reporté à deux jours plus tard à cause d'une météo non favorable.

Le 2 mars 1969, le premier équipage d'essai monte dans l'appareil, allume les moteurs et le prépare à ce premier vol. Ils s'alignent à la piste, lancent les moteurs et lâchent les freins.

Concorde accélère, atteint plus de 300 km/h et pointe son nez vers le haut, puis décolle.

« Concorde vole, et vole très bien ! », telle sera la fameuse phrase d'André Turcat après le premier vol de l'appareil.

Le premier appareil britannique, Concorde 002, sera immatriculé G-BSST et volera pour la première fois le 9 avril 1969.

Ces deux appareils présentent deux différences majeures par rapport aux avions de série, leur nez, dont la verrière n'était que deux hublots obstruant la vue depuis le cockpit une fois remontée

Le programme Concorde sera le programme aéronautique ayant subi le plus de tests, et pour cela, il fallut entrainer les pilotes à piloter Concorde, ce programme sera alors le premier à disposer d'un simulateur afin d'entrainer les pilotes.

L'organisation utilisée afin de fabriquer Concorde est similaire à celle aujourd'hui utilisée par Airbus. Les pièces sont fabriquées par différentes entreprises dans toute l'Europe, puis amenées, par avion (Supper Guppy), bateau ou par la route aux sites d'assemblage final, ici Toulouse et Filton.

D'ailleurs sur Concorde sera aussi testé le minimanche équipant tous les Airbus modernes depuis l'Airbus A320, car il possédait les commandes de vol « Fly By Wire », ce qui signifie que les manches du cockpit ne sont plus reliés mécaniquement aux gouvernes, mais via un signal électrique.

Dans les avions d'essais, le cockpit pouvait paraître normal, mais pas la cabine, car les personnes veillant sur les données pendant que les pilotes effectuent les tests, sont installées sur des « minis cockpits », qui réunissent toutes les informations dont ils ont besoin

Poste d'essais à l'intérieur du Concorde F-WTSB

Photo de Eurospot, extraite de la vidéo YouTube "Inside [Concorde] ! Visit the 2 [Concorde] at [Aeroscopia] Museum. Discover the rarely open F-BVFC." (https://www.youtube.com/watch?v=Rak3pljnVwI&t=703s&ab_channel=EurofilmsAviation)

Que je remercie pour son accord de publication de l'image.

En 1976, le premier appareil fut livré à Air France et effectuera le premier vol commercial de l'appareil le 21 janvier 1976, ce vol sera retransmis sur la chaîne TV TF1 en direct.

Les vols Air France prévus étaient Paris-Caracas, Paris-Genève. La compagnie française planifiait des vols transatlantiques mais ils étaient rendus impossible par l'interdiction de vol de l'avion aux Etats Unis en raison de la pollution sonore, règlementés au Etats Unis. Le 4 février 1976, l'avion sera autorisé à atterrir à Washington et new York par le secrétaire américain des transports William Coleman. Mais les autorités portuaires de New York interdirent pendant 6 mois le vol local du Concorde.

British Airways et Air France commencèrent alors des vols transatlantiques depuis Paris et Londres en direction de Washington.

En 1977, les interdictions de vols dues aux nuisances sonores seront levées grâce aux avantages de Concorde, les liaisons avec Paris et Londres commencèrent alors vers l'aéroport John F. Kennedy le 22 novembre 1977.

En 1982, Air France opérait 7 destinations avec Concorde : Rio de Janeiro, Caracasn Dakar, mexico, Washington, Dallas et New York.

Dès 1983, la compagnie réduisit les destinations a seulement New Dès 1983, la compagnie réduisit les destinations a seulement New York afin de rentabiliser l'appareil, car ses couts de maintenance sont bien plus élevés qu'un autre avion normal.

Certains vols charter seront rajoutés, ainsi que certains tours du monde.

Beaucoup de compagnies aériennes ont regretté de ne pas avoir acheté Concorde, donc elles organiseront un partenariat avec British Airways et Air France, certains avions seront peint aux couleurs des compagnies mais resteront la propriété de leurs compagnies anglaises ou française respective.

Parmi ces compagnies seront Singapore Airlines, qui auront le G-BOAD de British Airways, et également Braniff Airways, qui les utiliseront à vitesse subsoniques et avec les couleurs de leurs propriétaires.

Lorsque Braniff Airways opéraient les avions, ils seront immatriculés aux Etats Unis grâce à des stickers collés par-dessus l'ancienne pour des raisons de légalité.

En 2000, le crash du Concorde causera la suspension du certificat de navigabilité, les Concorde n'avaient donc plus le droit de voler, Aerospatiale décida alors de se consacrer à la remise en routes des Concorde en proposant des solutions afin d'éviter qu'un accident similaire se reproduise.

Henri Perrier fut partie de l'équipe et délaissera même sa retraite afin de refaire voler Concorde, nous n'aurons jamais sa vision des faits du crash de Concorde, qu'il voulait rendre publique dès la fin de son procès.

Aerospatiale utilisera un exemplaire d'Air France, qui sera équipé d'un renforcement des réservoirs en kevlar et des nouveaux pneus développés par Michelin.

Concorde reprendra service mais le manque de passagers du aux attentats du 11 septembre 2001 et du crash causeront la fin de l'exploitation au cours de l'année 2003, Air France arrêta ses avions en avril 2003 et british Airways en octobre 2003, le même mois que le dernier vol d'un Concorde.

Le dernier Concorde français à avoir volé est le F-BVFC en provenance de Paris pour atterrir à Toulouse-Blagnac pour y être exposé au Musée Aeroscopia.

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Dernière mise à jour du site le 11/09/2024
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